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03.04.2008
Mensonges et voluptés
J’ai fermé les volets au cul de la nuit qui tombait ce soir. Pas envie de voir le dehors. Un repli dans le moi. Toutes ces heures passées à écrire des articles, à lire des livres, à décrypter des albums ; toutes ces heures passées à des recherches sur des lieux où le personnage évoluera, à relire des notes explicatives sur telle ou telle maladie mentale ; toutes ces heures m’épuisent. Et me ravissent tout à la fois.
Je racontais à une amie ce qu’un de mes oncles m’avait raconté à propos du village. Elle s’en fichait royalement. C’est pourtant elle qui avait voulu ces renseignements. Thérèse écoute rarement ce qu’on lui dit mais veut toujours tout savoir. Sauf qu’avec moi, elle ne saura que ce que je veux bien lui dire. Elle le sait. Elle s’en moque. Cela l’amuse même. Si jamais elle a besoin de quelqu’un pour co-écrire avec elle les saynètes qui seront jouées en juin, elle viendra me chercher.
On m’a décapitée. Ou alors comme Cerbère, j’ai plusieurs têtes. En plus joli tant qu’à faire. Et puis, Psyché pourrait toujours me tenter avec des gâteaux au miel, elle pourrait toujours s’accrocher pour passer si je n’en ai pas envie. C’est comme pour les hommes. Qu’est-ce que je disais déjà ? On m’a décapitée. Avec une tête parfois, c’est difficile de penser mais avec plusieurs !
J’ai donc vu Thérèse. Bu une bière aussi avec son mari. Bonne. La bière, pas le mari, ni Thérèse. On s’en fiche, d’ailleurs. Du mari, pas de la bière. Mais comme je venais pour parler à sa femme qui ne m’écoutait, et elle n’avait peut-être pas tort vu qu’en même temps je pensais à : Comment tuer Angèle ? Où est passé le Berbère ? Là, je mens. Est-ce que tout va bien chez le Berbère ? Là, c’est la bonne phrase. Quand donc aura-t-il (le Celte) terminé de jouer avec ces baltringues qui ne rêvent que d’une chose : se taper son joli cul ? Et si je corrigeais la rencontre du vieux et de Jeanne ? Juste un peu. La chute, là. Et les moutons. C’est important les moutons. J’ai bu ma bonne bière tout en disant à Thérèse :- Il faudrait que nous allions consulter les registres des paroisses aux archives départementales. On recoupe ceux des naissances, ceux des mariages et ceux des décès. Le curé annotait des détails sur la vie quotidienne : les crues, les vignes… Vous allez chez votre fille ?
- Je devrais peut-être appeler la mairie pour signaler que nous occuperons la salle mardi pour les portes ouvertes à l’initiation patchwork. Tu viendras ?
J’ai une tête à faire du patchwork au milieu de ces mamies jacassantes ? Je ne supporte plus les vieilles ! Certaines du moins. Elles sont chiantes à déblatérer sur le voisin qui fait chier son chien devant chez la voisine, à s’échanger le nom du dernier médoc qu’elles prennent, à parler de leurs petits-enfants qui sont tous plus intelligents que celui de la voisine qui a des merdes de chien devant chez elle alors qu’elle n’a pas de chien. Elles me font chier, tiens, moi aussi ! Mais pas devant chez la voisine.
Thérèse ne m’écoutait pas, je lui parlais peu ou pas assez. On s’en fichait. On était bien. On a ri. Je suis partie. Ils sont restés. Normal, ils habitent chez eux. Et là, en plein dans le mile ! Quelle hypocrisie me suis-je dit ! Tu es allée chez eux uniquement pour faire une pause entre deux crimes abjects avec comme excuse tes notes mal-écrites. Ils t’ont reçue pour parler de tout mais surtout de rien avec pour prétexte l’absence du vide. L’homme est hypocrite. La femme aussi. Je me suis fait une fixette sur le mensonge. Le Celte en a pris un. De mail, pas de mensonge. Je me détestais de me taper une crise de paranoïa aiguë.
« Je ne me joue pas de toi, je ne me mens pas non plus, je ne me divertis pas non plus simplement avec nos échanges. » Avance encore et je me lâche complètement, Celte.J’ai toujours pas tué cette gonzesse. Angèle. « Puissance sexuelle dingue. Je peux te retourner ces mots. Un effet fou. Tu me fais. » Qui est le plus fou des deux, je me le demande ! Je devrais moins réfléchir et tuer plus vite. Pendant qu’un célèbre éditeur consulte ailleurs mes textes, fait croire qu’il sait lire plutôt, (je ne croirai jamais qu’un éditeur ait le temps de faire mumuse à lire des blogs), je reçois un courriel. Un blog a retenu le mien et publié un extrait de mon dernier post. Vos textes sont délicieux. Nous vous encourageons à poursuivre.
Ça me gave ! Et je ne suis pas une oie ni blanche ni noire, ni un canard boiteux ou pas. Ça me gave, oui. J’ouvre un espace, un petit coin tranquille pour ranger des choses qui encombrent ma tête, histoire de caser dedans d’autres choses et vlan ! On vient me coller en plein dans un blogroll ! Je continue si je veux ! De quoi qu’il ou qu’elle cause d’abord ! Vos textes sont délicieux… Gna gna gna.
J’étais tranquille, j’étais pénard… Dilemme ! J’explose le blog et je ferme ma gueule au risque de me mentir ? De m’encombrer la tête ? Je poursuis mon déballage rangement en triant ce que j’écris ? Et ta sœur ? Et Angèle ? Qu’est-ce que je risque ? J’ai tous les droits en écriture. Et je ne dévoilerai jamais leurs prénoms. Encore moins leurs noms. Je suis la seule à connaître la date à laquelle Les mémoires d’une femme dérangée s’autodétruira. Le savoir est pure volupté.
Le siamois n’ira pas roder cette nuit. Je l’ai enfermé. J’enferme les jolies choses parfois. Pour les préserver. Et je dors parfois. Pour mieux vivre les yeux ouverts. « Et si je m'agenouille, tu te donnes ? »
02:12 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : mensonge, volupté, psyché, cerbère, berbère, celte, bière



Commentaires
Bien l'bonjour de l'Origine de mes stats, merci pour vos Mémoires et autres Curiosités...
Ecrit par : Gnagnagna | 12.04.2008
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Origine de vos visiteurs
voilà, de mes visiteurs je voulais écrire. ça m'apprendra à être presque pas doué en communication..
Ecrit par : niki | 12.04.2008
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