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        <title>Les mémoires d'une femme dérangée</title>
        <description>&quot;Homo sum : nihil humanum alienum a me puto&quot; Térence</description>
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        <lastBuildDate>Tue, 20 May 2008 20:44:13 +0200</lastBuildDate>
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                <title>Make someone happy</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (Claire in Confessions)</author>
                                <pubDate>Tue, 20 May 2008 20:39:00 +0200</pubDate>
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                     &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;L’herbe est si haute qu’à plat-ventre, j’y disparaîtrais. Les pissenlits ressemblent à des têtes chauves au long cou. Les lilas croulent sous les fleurs et moi, je coule sous les siennes.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;br /&gt; Dans la librairie, Chou m’a dit que &lt;em&gt;L’élégance du hérisson&lt;/em&gt; était un très bon livre. Parfait&amp;nbsp;! Ma belle-mère ne lira pas n’importe quoi. Je ne lui ai toujours pas demandé si depuis toutes ses années de retraite, elle avait fini par lire ailleurs que dans ses chiottes. C’est le seul endroit qu’elle avait trouvé pour ne pas perdre de temps tout en se distrayant.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;br /&gt; Les tiroirs du passé ne contiennent plus grand chose et l’à venir n’est pas encore bien dessiné. Quelque part, une infime partie de moi hésitera à claquer la porte de ce confessionnal. Je n’ai jamais aimé ressasser le passé. Le Berbère m’a confié avoir toujours les cheveux longs, en souvenir. Il a même dit plus mais chut&amp;nbsp;! Les cheveux longs lui vont si bien, ce serait dommage qu’il les coupe pour en finir avec une histoire. Seules les femmes font cela.&lt;/font&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Le Celte n’a envie de partager certaines choses qu’avec moi. On dirait un chat qui cherche à marquer profondément son territoire. Serait-il sensible à certaines confessions&amp;nbsp;? Nous nous amusons comme des fous à brouiller les pistes jusque dans mes textes.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;J’ai ressorti mon manuscrit et je l’ai à nouveau bien en main. J’ajuste une virgule ici ou là, modifie une phrase, la lit à haute voix pour en capter le rythme. Le feuilleton mis en place sur les conseils de PM me délasse les doigts autant que je m’amuse à lire le sien. Je regrette de ne pas pouvoir assister à ses prochaines représentations comme j’ai envie de Paris et de ses rues bruyantes. L’opulence du vert et l’odeur du lisier commence à me sortir par tous les pores de la peau. Et même du cerveau. D’ici un peu plus d’une semaine, j’irai renifler le Luxembourg et me confier à Conscience. C’est fou comme ce photographe psychologue me materne&amp;nbsp;! C’est on ne peut plus agaçant parfois&amp;nbsp;! Il faut dire qu’avec ma manie de raconter sans trop confier, peu savent capter. Peut-être aussi suis-je bipolaire à force de trop en porter ces jours-ci&amp;nbsp;? Je veux du soleil, bordel&amp;nbsp;! Quoi qu’il en soit, la dernière fois où nous avons échangé quelques phrases, mon moral était en berne. Ma queue aussi. Même si j’en ai pas. Pif en a bien une ridiculement petite et c’est bien un chien&amp;nbsp;! Euh, je ne suis pas un chien. Ni une chienne. Le plus drôle est que la cheftaine a accepté de répondre au questionnaire ambigu et qu’elle a un sacré humour&amp;nbsp;!&lt;/font&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Comme la Vie en ce moment avec moi&amp;nbsp;: hier ou avant-hier ou encore avant, un guitariste, sous-couvert d’un pseudonyme d’un psychologue allemand, tentait un forcing pour que je publie ses textes au style méchant même pas méchants. Après plusieurs échanges de courriels, il a fini par trouver que je semblais vouloir lui donner des couteaux dans le dos. Je ne savais même pas qu’il me le tournait&amp;nbsp;! Aucune nouvelle de lui depuis mais aujourd’hui, un Connu m’a proposé un job. Tout cela après avoir craqué pour mes jambes. Et si j’appelais cette conseillère imbécile pour la tenir au courant de mes progrès&amp;nbsp;? Elle s’est qualifiée elle-même d’imbécile la dernière fois que nous nous sommes rencontrées. J’ai failli en avaler mon chewing-gum en secouant la tête comme un chien de plage arrière. De voiture. On y revient. (Au chien). Je me voyais déjà en appeler le recruteur et lui balancer d’emblée et sans bagage («&amp;nbsp;Z’avez pas de diplôme&amp;nbsp;», elle a répété la conseillère)&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Bonjour&amp;nbsp;! C’est Lain Connu qui m’a donné votre numéro après être tombé en extase devant mes jambes et au son de ma voix…&amp;nbsp;». Sauf qu’il n’a pas voulu que je tente le coup. Il préfère me rappeler et surtout, tenter de me convaincre de me déplacer jusqu’en Alsace pour lui rendre visite. T’as qu’à croire&amp;nbsp;! L’Alsace ne m’aura pas&amp;nbsp;! Le pont non plus. Même si mon amie scénariste me conseillait d’entreprendre d’écrire mon histoire de future SDF. Et puis quoi encore&amp;nbsp;? Il se pourrait aussi que je devienne nègre. Et c’est pas une question de trop longue exposition au soleil. Ni de meringue chocolatée. Je serais capable de me manger&amp;nbsp;! Nègre pour Lain Connu qui est tout content d’avoir papoté avec moi pendant pratiquement une demi-heure&amp;nbsp;! Et il voulait me rappeler ce soir&amp;nbsp;! L’est pas fou&amp;nbsp;! Faut y aller doucement sur le bonheur sinon, il te pète à la gueule comme un mâle propre&amp;nbsp;! &lt;span xml:lang=&quot;EN-GB&quot; lang=&quot;EN-GB&quot;&gt;Make someone happy chantait Robin.&lt;/span&gt; Et moi, je vais boire un whisky.&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt; &lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt; 
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                <title>Des lézards et des couleuvres</title>
                <link>http://lesmemoiresdunefemmederangee.hautetfort.com/archive/2008/05/09/des-lezards-et-des-couleuvres.html</link>
                <author>noreply@hautetfort.com (Claire in Confessions)</author>
                                <pubDate>Fri, 09 May 2008 11:54:00 +0200</pubDate>
                <description>
                     &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Les jours s’enfuient et le soleil est toujours là. Je suis lasse de toutes ces piles de livres qui attendent mon bon-vouloir. Je suis lasse d’écouter des disques insipides dont les maisons croient bon de prétendre que c’est l’œuvre du siècle. Je suis lasse de répondre à cette conseillère imbécile que dans ma profession, on ne peut pas relancer des peut-être futurs employeurs. Cela demanderait d’être tenue au courant de toutes les naissances de la région.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;«&amp;nbsp;C'est assez fou. Ainsi, penché sur toi, un claquement de doigts ferait disparaître l'homme dont le visage est enfoui entre tes cuisses et, alors, tu serais toute à moi, que tu le veuilles ou non, sur le moment.&amp;nbsp;» Touchée. C’est cela qui est fou. Je suis touchée par ces mots celtes. «&amp;nbsp;Je n'ai pas l'envie d'écrire car je suis assis assez confortablement dans un fauteuil de réflexion. Je ne crée pas, je suis bien, j'ai du chagrin et de la raison.&amp;nbsp;» Vautre-toi, Berbère. Prends tes aises dans ce siège, sans plume, sans écrit, sans rien. Tu es homme de chairs, oui et le sexe reste le sexe. Tu restes homme, dis-tu, et tu t’aimes ainsi. Je ne t’ai jamais aimé autrement. Un jour prochain, je te le redirai.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Moi qui ne descends jamais un auteur ou un chanteur, j’ai les crocs qui me démangent. Je sens que je vais m’en faire un ou deux. Juste histoire de remettre les pendules à l’heure. Pour quelqu’un qui déteste les calendriers et les horloges, faut le faire&amp;nbsp;! Seul le carillon couleur Big Ben de mon grand-oncle avait ma faveur.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;«&amp;nbsp;Tu me manques&amp;nbsp;» a écrit le Celte. Tenterait-il de me faire avaler des couleuvres&amp;nbsp;? Les seules fois où j’étais proche de l’envoyer se faire foutre (vilaine expression qui laisse toutefois présager de belles heures à venir si les partenaires s’accordent), il revenait plus sensuel et plus joueur que jamais. Or, je ne lui ai jamais fait ouvertement de reproches. Quoique. Mais lorsqu’il donne un coup de patte de chat, c’est hors de ces moments. Et j’aime ça.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Les heures se concentrent autant qu’elles se gorgent de soleil. Je sais déjà que je serai absente les trois dernières semaines d’août. A-t-on idée d’avoir des rhumatismes&amp;nbsp;? La plus jeune de mes filles réclame d’aller en ma compagnie aux Francofolies. Une histoire de BB Brunes. Et je vais me coltiner ces jeunes cons qui ont tout juste assez de muscles pour soulever une guitare. Celui dont je porte encore le nom textote à qui mieux mieux. Un jour prochain, je risque de me retrouver SDF parce que sa belle l’aura siffler. Histoire qu’il rejoigne un nouveau nid douillet.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;«&amp;nbsp;Il n’y a pas de problèmes, juste des solutions. Et si la solution n’existe pas, c’est qu’il n’y pas de problème.&amp;nbsp;» a coutume de dire Faby. De quoi devrais-je me plaindre&amp;nbsp;? J’ai plusieurs hommes qui me courent après, d’autres qui voient en moi un futur écrivain, limite s’ils ne crient pas au génie. Les cons&amp;nbsp;! Mes enfants sont beaux et avancent dans la vie avec sourire et obstination. Accessoirement, j’ai une maison entourée d’un terrain de 3000m2, enfin la moitié, un ordinateur âgé de plus de deux ans et qui commence à renâcler. Pas de quoi voir des lézards&amp;nbsp;! Même en m’étalant sur mon drap de bain tous les après-midi, je n’en ai pas vu un seul.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Je vais me botter le cul. Demain… Qu’on me laisse me gorger de soleil et de tout ce vert nouveau, de ces hommes qui réclament, des murmures du vent, de ces chants d’oiseaux. Une chose certaine, je ne mangerai jamais d’huîtres. Déjà, je ne souffre pas du genou et ensuite, je ne m’appelle pas Sarah Bernhardt, quand même. «La vie engendre la vie. L’énergie produit l’énergie. C’est en se dépensant soi-même que l’on devient riche.&amp;nbsp;» disait l’actrice. Aboule le fric&amp;nbsp;!&lt;/font&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
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                <title>Des dalles et des couloirs</title>
                <link>http://lesmemoiresdunefemmederangee.hautetfort.com/archive/2008/05/02/des-dalles-et-des-couloirs.html</link>
                <author>noreply@hautetfort.com (Claire in Confessions)</author>
                                <pubDate>Fri, 02 May 2008 01:19:00 +0200</pubDate>
                <description>
                     &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Si les volets n’étaient pas fermés, la nuit frapperait aux carreaux. Et si ma tante en avait…&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Presque six jours à arpenter les trottoirs de Paris, à m’enfouir dans les bouches de métro. A fuir cette vie d’ici pour mieux penser, pour mieux panser. L’hôtel était médiocre mais qu’importe&amp;nbsp;? «&amp;nbsp;Qu’est-ce que tu fais dans ce quartier louche&amp;nbsp;?&amp;nbsp;» J’avais souri à sa remarque. Louche&amp;nbsp;? Je n’ai croisé que des hommes et des femmes pressés, comme ailleurs. Des gens qui courent en claquant leurs semelles sur le bitume mouillé, fuyant les heures de boulot harassant, un mari qui gueule, une femme qui dégueule, un bébé qui vomit et qui pisse sur le porc. D’âmes. Stère d’âmes. Des mètres cubes et des mètres cubes d’âmes qui arpentent ce quartier comme ils le feraient plus loin.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Bien sûr, je n’ai pas vu mon Berbère. Bien sûr, je n’ai pas vu mon Celte. «&amp;nbsp;J’ai des Boeing qui s’écrasent sur mes pompes… Je ne sais pas comment gérer.&amp;nbsp;» C’est simple fauve, tu choisis. Tu sais, cette façon si cruellement adorable qu’à la vie de te rappeler… à la vie. Quoi&amp;nbsp;? Tu as une femme à laquelle tu tiens, tu as un job à emmerdes ou des emmerdes de job, tu sautes des partenaires occasionnels, hommes ou femmes, selon tes pulsions du moment et tu aimerais me faire une petite place&amp;nbsp;? Difficile&amp;nbsp;?&lt;/font&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Moi, j’ai le choix du roi. Pourtant, je ne suis pas un roi. Un simple navigateur solitaire. Peut-être.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Et dans cette chambre merdique, à la moquette merdique, au lit merdique, aux rideaux merdiques, je t’écoutais parler. «&amp;nbsp;Cela fait des années que nous ne nous sommes pas parlés… J’aime toujours autant ta voix.&amp;nbsp;» Oui, Celte. Moi aussi. Et si tu venais me toucher&amp;nbsp;? Tu n’es pas venu ce jour-là ni le suivant. Zieux bleus est arrivé, sans sa cape et sans son épée. Je ne lui en demandais pas tant. Je ne lui demandais rien d’ailleurs. Il a voulu savoir comment s’était déroulé le festival, a ri en écoutant mes anecdotes et mes remarques. Une bière, deux whiskies plus tard, j’étais dans son appartement, un peu plus loin que cet endroit louche. Ce sont mes yeux qui se rejoignaient au-dessus de cette coupe de champagne. Le jazz pulsait dans les baffles. Les pages d’une BD dont j’ai oublié l’auteur, swinguaient entre mes mains. Qu’est-ce que je fous là&amp;nbsp;? Qu’est-ce que je fous vraiment&amp;nbsp;? Depuis quand avons-nous envie de baiser l’un avec l’autre exactement&amp;nbsp;? Nous ne sommes jamais passés à l’acte avant ce soir. Alors pourquoi j’accepte ses mains sur mon corps&amp;nbsp;? Pourquoi est-ce que je laisse ses jambes s’introduire entre les miennes&amp;nbsp;? Je peux fumer&amp;nbsp;? Faudrait peut-être que j’arrête de téter le champagne. Quoique. Je n’en ai pas bu tant que cela finalement. Sûr, j’ai compté les bulles. Zieux bleus m’embrasse. Il embrasse bien, ce con&amp;nbsp;! La conne, c’est moi, oui. Il embrasse plus que bien et j’ai envie de lui. D’un coup, comme ça. Comme j’ai aussi envie de vomir. D’un coup, comme ça. Je devrais éviter les mélanges. Je le sais pourtant. Ma troisième cuite&amp;nbsp;! Il fallait que cela m’arrive la première fois où il m’emmène chez lui&amp;nbsp;!&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;A genoux devant Ste Toilette, je me demandais s’il vivait seul ici ou avec son fils. «&amp;nbsp;Tout va bien&amp;nbsp;?&amp;nbsp;» Je déteste la couleur de tes chiottes mais à part cela et les murs qui tanguent, je pourrais te répondre que tout va bien. Mais je ne dis rien. Putain&amp;nbsp;mais pourquoi ai-je bu tout cet alcool et fumer toutes ces cigarettes&amp;nbsp;? Pourquoi ne suis-je pas en train de me coller à sa peau&amp;nbsp;? Et pourquoi ne suis-je pas collée à celle du Celte&amp;nbsp;?&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Combien d’allers-retours ai-je fait entre le salon et les toilettes&amp;nbsp;? Assez pour y rendre la classe et ces saletés de chips mexicaines. «&amp;nbsp;Je vais rentrer&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» «&amp;nbsp;Tu restes ici&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» «&amp;nbsp;Non, je… Il faut que je me repose. Seule&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» Tout en m’enlevant mes chaussettes, il restait calme, attentif. M’aurait-il saoulée pour mieux me coucher dans son lit&amp;nbsp;? «&amp;nbsp;J’ai froid.&amp;nbsp;» En jeans dans un grand lit avec un homme en tee-shirt et en shorty, on a déjà fait mieux comme scène érotique. J’avais froid, il s’est rapproché. Tout à coup, je voulais plus. Plus que ses lèvres sur les miennes, plus que ses mains aventureuses. «&amp;nbsp;Tu veux de la douceur ou de la violence&amp;nbsp;?&amp;nbsp;» S’il me pose encore une question aussi conne, je lui colle une beigne et je vomis sur son plancher. Ou l’inverse. Et à côté de sa casserole, d’abord&amp;nbsp;! On disait scène érotique.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Sa langue dansait le collé-serré avec la mienne. Mon ventre appelait le sien. C’est à ce moment qu’il m’a déshabillée. «&amp;nbsp;Ce que tu es belle&amp;nbsp;! Laisse-moi te regarder encore… Tu es belle, si belle. Mais pourquoi t’a-t-il laissé partir&amp;nbsp;?&amp;nbsp;» Euh pourquoi n’est-il pas venu&amp;nbsp;? Le Berbère&amp;nbsp;? Le Celte&amp;nbsp;? Partir&amp;nbsp;? Mon mari&amp;nbsp;? «&amp;nbsp;Je ne te laisserai pas partir. Je t’attache. Une laisse. Oui avec une laisse. Je t’emmène avec moi à Marseille.&amp;nbsp;» Depuis quand Marseille se situe en Bretagne&amp;nbsp;? «&amp;nbsp;Tu sens la noisette…&amp;nbsp;» Je sentirais le sexe du Celte s’il avait su gérer ses Boeing&amp;nbsp;!&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Putain, Zieux bleus, je te dis que tu baises bien ou je me tais&amp;nbsp;? En vérité, tu baises bien et je sombre. «&amp;nbsp;Claire… Il est l’heure.&amp;nbsp;» Et ça le fait rire de voir ma tronche de morte vivante. C’est moi, ça dans le miroir&amp;nbsp;? Putain de Dieu mais je suis morte, non&amp;nbsp;? «&amp;nbsp;C’est simple, tu sors, tu prends tout de suite à droite puis tu continues tout droit jusqu’en haut de la rue.&amp;nbsp;» Attends, il a dit droite ou gauche&amp;nbsp;? Elle est où ma main droite&amp;nbsp;? Et cet hôtel de merde, il s’est volatilisé pendant la nuit ou quoi&amp;nbsp;? Je marche, je marche. Je fume et je me marre. Le seul renseignement que je demande, je le demande à une russe vaguement blonde qui fume une brune et sort juste de la bouche du métro pour s’engouffrer derrière son bar. Elle est barmaid. Et moi, je suis encore saoule. Saoule d’alcool, de ses mots, de ses caresses. Qu’on me donne cette rue, bordel ou je fais un malheur&amp;nbsp;!&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;«&amp;nbsp;Vous prenez votre petit déjeuner, madame&amp;nbsp;?&amp;nbsp;» Elle est conne ou quoi, j’ai une tête à manger un croissant dégoulinant d’huile, à boire un jus de fruits dégueu et du thé lavasse&amp;nbsp;? Je veux juste mon lit, merde, c’est pas compliqué. Et les femmes de ménage, elles peuvent pas aller passer l’aspirateur dans les autres étages&amp;nbsp;?&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;br /&gt; Assise sur le banc, je végète au soleil. A ma droite, les derniers escaliers qui arrivent au Sacré-Cœur supportent vaillamment toute la cohorte d’Allemands rouges et suants, de Japonais souriants, d’Italiens caquetants, d’Anglais smarties et d’éventuels Français. A ma gauche, une vieille qui pue s’assoit. C’est bien ma veine&amp;nbsp;! C’est cela mémère, mange ton sandwiche et dégage que je réfléchisse. A ma gauche, un maghrébin s’assoit. Putain, Dieu, tu peux pas interdire l’accès à mon banc&amp;nbsp;? C’est bien la peine d’avoir une si grosse église&amp;nbsp;! Toujours pas de Celte. Normal remarque, c’est le week-end. Zieux bleus est parti en Bretagne contempler la mer et son fils. Il a une mère, ce fils&amp;nbsp;? «&amp;nbsp;On ne m’attache pas. Ni avec du cuir, ni avec de la soie et c’est moi qui suis partie. Je ne suis pas une sardine et tu n’es pas un mac. Le Coca est le seul remède efficace lorsque j’ai l’alcool difficile.&amp;nbsp;» «&amp;nbsp;Une chose à savoir pour la prochaine fois&amp;nbsp;» Pourquoi je souris comme une idiote&amp;nbsp;enfin seule sur MON banc&amp;nbsp;? Devant moi, je les regarde. Il s’assoit sur la pelouse, enlève ses chaussures et ses chaussettes comme si sa vie en dépendait. Ils s’allongent tous les deux, roulent l’un sur l’autre, l’autre sur l’un. Je nous revois moi et le Berbère. Comme c’est étrange cette ressemblance entre cet inconnu et lui ! Les mêmes gestes. Exactement.&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt; &lt;p&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;«&amp;nbsp;Tu sens bon&amp;nbsp;» Oui, chanteur, je sens bon. Approche-toi un peu plus&amp;nbsp;! «&amp;nbsp;Alors, dis-moi, ces textes érotiques&amp;nbsp;» Mais pourquoi est-il si grand&amp;nbsp;? Et pourquoi n’ai-je pas mis cette robe et mes talons&amp;nbsp;? Et pourquoi dois-je partir si tôt alors que je sais pertinemment que le Celte ne viendra pas&amp;nbsp;? Seule sur le dessus de lit miteux, je vérifie mes sms. Ai-je pensé à remercier mon Lord anglais pour cette sublime soirée&amp;nbsp;? Dans le TGV, un texto m’allume un sourire coupant «&amp;nbsp;Toujours l’envie aussi. Toujours grandissante. Tu t’éloignes et les emmerdes restent... La vie est cruelle. J’adore&amp;nbsp;» Si tu ne bouges pas ton joli cul, Celte, envie ou pas, je te vire&amp;nbsp;!&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;«&amp;nbsp;Vous m’envoyez un mail&amp;nbsp;? J’ai envie de savoir, ça m’intéresse.&amp;nbsp;» m’a demandé le Disquaire en m’appelant des Antilles. C’est marrant comme je sème les hommes dans des couloirs de hall de gares. Un vrai Petit Poucet. J’ai donc dit ce chemin-là… J’ai précisé avec ou sans détours&amp;nbsp;?&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;br /&gt; La nuit s’allonge jusque sur mes draps bleus. Tout propres.&lt;/font&gt; 
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